Un avantage envolé et un buzzer beater cruel pour les Genevois

Handball Berne s’impose 29–28 face au CS Chênois Genève Handball au terme d’un match spectaculaire, conclu sur un but au buzzer d’Ivan Chernov qui vient punir les dernières approximations genevoises en fin de rencontre. Malgré une avance de cinq buts à la pause, Chênois n’a pas su conserver son avantage face à la défense haute très agressive des Bernois, qui a peu à peu grignoté l’écart jusqu’à renverser le match dans les toutes dernières secondes.

Le scénario du match

Chênois réalise une première période très solide après avoir réussi à contrer la défense haute du BSV Berne, s’appuyant sur une attaque efficace et une bonne lecture des espaces pour rentrer aux vestiaires avec cinq longueurs d’avance (16–11). En début de seconde mi-temps, les Genevois parviennent encore à tenir le rythme, mais la montée en intensité défensive de Berne, combinée à plusieurs pertes de balle et fautes techniques, relance complètement la rencontre. À 28–28 dans la dernière minute, Chênois ne parvient pas à convertir ses dernières opportunités, et BSV Berne joue parfaitement sa dernière possession pour offrir à Chernov le tir victorieux au buzzer, scellant le 29–28.

L’impact de la défense haute bernoise

La défense haute de Bern a été l’élément clé du retournement de situation, surtout en seconde période. En sortant très fort sur les meneurs de jeu genevois et en coupant les lignes de passe, les Bernois ont provoqué une série de fautes techniques et de tirs précipités côté Chênois. Cette pression constante a également pesé mentalement : la qualité de tir de certains joueurs a baissé au fil des minutes, avec plusieurs situations mal négociées. Progressivement, Chênois a perdu le contrôle du tempo, laissant le BSV Berne revenir puis prendre l’ascendant dans le money-time.

Les leaders offensifs du BSV Bern

Offensivement, Berne s’appuie sur un collectif très réparti, avec plusieurs joueurs au-dessus des 4 buts. Ramiro Kull (4/6) et Luc Stettler (4/6) signent chacun une prestation très propre, efficaces dans leurs prises d’intervalle et leurs duels. Gabriel Ottrubay, malgré un pourcentage plus mitigé (5/11), pèse lourd sur la défense genevoise par son volume de tirs et sa capacité à provoquer des sanctions et des jets de 7 m. Ivan Chernov (4/6) complète ce quatuor offensif, avec surtout le but décisif au buzzer qui fait basculer la rencontre en faveur des Bernois.

La prestation de la base arrière et des ailiers genevois

Côté Chênois, l’attaque repose largement sur un noyau de joueurs très performants en première comme en seconde période. La nouvelle recrue, Paulin Buisson, réalise une grosse prestation statistique avec 7 buts sur 10 tirs (70%), véritable métronome offensif de l’équipe genevoise malgré 6 pertes de balle. Mehdi Kerboua (3/4, 75%, 4 tirs francs, 1 avertissement, 1 exclusion de 2’) confirme son rôle d’animateur et de dynamiseur du jeu, tout en payant aussi l’intensité défensive bernoise par quelques fautes sanctionnées.

Arza Butans (3/4, 75%) et Haiko Butans (2/3, 66%) concrétisent bien les décalages, avec une bonne réussite aux tirs et un apport précieux dans les phases de montée de balle et de repli. Stéphane Chardon signe lui aussi un match plein avec un 3/3 au tir, dont un 2/2 à 7 m (100%), confirmant la fiabilité de Chênois sur la ligne des jets de 7 m lorsque les conditions sont maîtrisées. Victor Grillère (3/5, 60%, 1 tir franc, 2 exclusions de 2’) alterne bonnes séquences offensives et passages plus délicats, notamment en défense où il est plusieurs fois sanctionné.

Les difficultés au tir et la gestion des moments faibles

Si plusieurs joueurs genevois affichent des pourcentages très solides, certains connaissent un match plus compliqué, symbolisant les difficultés face à la défense haute de Berne. Loïc Deville ne parvient à convertir qu’un tir sur quatre (25%), preuve d’une agressivité encouragée mais pas toujours récompensée au tableau d’affichage. De son côté, Drenit Tahirukaj vit une soirée très difficile au tir avec 1 but sur 11 tentatives (9%).

Ces pourcentages en baisse, ajoutés aux pertes de balles provoquées par le pressing bernoise, n’ont pas favorisé l’incapacité de Chênois à tuer le match alors qu’un écart important avait été creusé. La gestion des temps faibles – notamment la réponse à la montée défensive de Berne et l’adaptation des choix de tir – constitue clairement un axe de progression mis en lumière par cette rencontre.

Les gardiens et l’impact défensif

Dans les buts, Niks Lagzda réalise une prestation solide avec 16 arrêts sur 45 tirs (36%), dont 2 arrêts sur 5 jets de 7 m, maintenant Chênois longtemps en tête et permettant de contenir les vagues offensives bernoises.

Disciplinaires, Chênois limite globalement les exclusions à quelques situations isolées (Kerboua, Grillère), mais celles-ci tombent parfois dans des moments sensibles, offrant des fenêtres à Berne pour recoller ou passer devant. La défense genevoise, bien en place en première période, a ensuite été davantage mise en difficulté par la variété du jeu bernois et la capacité des locaux à sanctionner chaque flottement.

Cette défaite à l’extérieur marque une arrêt sur 7 matchs sans défaites pour le Chênois et alors que les Genevois auraient pu prendre la tête du championnat, il voit l’équipe de Baden Endingen, grand rival pour le haut du tableau, revenir à 4 points.