À Emmen, Chênois fait tomber le leader : une victoire de caractère qui relance la machine genevoise

Victoire référence du CS Chênois Genève Handball à Emmen, leader de LNB, sur le score de 31–32 au terme d’un match renversant et plein de caractère.

Un contexte lourd, une réponse de caractère

Chênois se présentait à Emmen après une série compliquée de cinq matches sans victoire, face au premier du championnat et meilleure attaque de LNB. Dans ce contexte, s’imposer à l’extérieur, d’un but, chez le leader, donne une portée mentale et collective très forte à ce succès. Cette victoire consolide la place de Chênois sur le podium.

Première mi-temps : bras de fer permanent

La première période est extrêmement accrochée, avec des écarts très faibles et un score de 16–16 à la pause, qui traduit l’équilibre des forces. Chênois répond coup pour coup à Emmen, porté notamment par l’adresse de Drenit Tahirukaj (déjà très présent) et la justesse de Marius May et Mehdi Kerboua en attaque placée. Les deux équipes se neutralisent globalement (66% de réussite aux tirs pour Emmen, 64% pour Chênois), preuve d’un match offensivement abouti des deux côtés.

Début de seconde mi-temps impérial

Au retour des vestiaires, Chênois signe sans doute son meilleur passage de sa saison, en infligeant un 1–6 qui lui permet de prendre jusqu’à cinq longueurs d’avance (22–27, puis 24–29). Défensivement, le bloc est compact, les montées de balle sont propres et l’attaque trouve des solutions variées, intérieures comme extérieures. Ce run donne le ton : Chênois montre au leader qu’il est capable de dominer clairement dans le jeu, y compris à l’extérieur.

Le tournant : triple exclusion de Mehdi Kerboua

Le match bascule néanmoins avec la troisième exclusion de Mehdi Kerboua, contraint de quitter définitivement le terrain après avoir inscrit 4 buts précieux et pesé des deux côtés du terrain. Cette sortie affaiblit la rotation chênoise et redonne espoir à Emmen, qui revient progressivement au score. La gestion des supériorités/infériorités numériques devient alors centrale, Chênois concédant quelques ballons avec des mauvais choix sur les tirs et quelques imprécisions mais parvenant à garder un minimum de lucidité pour rester devant ou à hauteur.

Une fin de match sous haute tension

Dans les dix dernières minutes, Emmen pousse fort, profitant de son public et de l’inertie du score pour recoller, jusqu’à revenir à 31–31 dans la dernière minute. Malgré la pression, Chênois trouve les ressources mentales pour inscrire ce but du 31–32, puis résister aux dernières tentatives locales, validant une victoire à l’extérieur extrêmement précieuse. La capacité de l’équipe à rester lucide après avoir vu fondre une avance de cinq buts témoigne d’un vrai pas en avant dans la maturité de groupe.

Les hommes forts de la soirée

Plusieurs performances individuelles ressortent nettement dans cette rencontre.

•⁠ ⁠Niks Lagzda : 10 arrêts pour 40 tirs subis (25%), dont plusieurs parades clés dans les moments chauds et sur jets de 7 m, qui stabilisent l’équipe quand Emmen menace de renverser le match.
•⁠ ⁠Drenit Tahirukaj : 8 buts (8/14 au tir, 0/1 aux 7 m), véritable leader offensif, capable de créer et de conclure malgré une prise en main défensive de plus en plus forte d’Emmen.
•⁠ ⁠Marius May : 4 buts (4/6), précieux dans les moments de construction et dans la gestion du temps fort chênois au début de seconde période.
•⁠ ⁠Mehdi Kerboua : 4 buts (4/5) avant son exclusion définitive, impact énorme dans la phase où Chênois creuse l’écart, et absence très coûteuse sur la fin de match.

On peut également souligner la contribution collective : 9 pertes de balles seulement côté du Chênois contre 12 pour Emmen, un ratio très correct face au leader, et une efficacité au tir quasi équivalente à celle de l’adversaire (64% vs 66%). Cette maîtrise globale des pertes de balle et de la réussite aux tirs explique largement la possibilité de tenir tête au premier du championnat sur 60 minutes.